Épisode 27

Le mutisme sélectif

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Qu'est-ce que le mutisme sélectif ?

Il est question de mutisme sélectif lorsqu'un enfant ou un adolescent (qui parle généralement très bien) reste silencieux lors de certaines situations sociales où il lui serait attendu de parler (par exemple, un enfant qui est assez volubile à la maison, mais qui ne parle pas à la garderie, bien qu'il soit à l'aise avec la langue parlée par les éducatrices et par les amis). Généralement, l'on considérera que l'enfant est mutique seulement si son incapacité à parler dans certaines situations perdure depuis au moins un mois.

Qu'est-ce qui cause ce mutisme ?

Plusieurs choses peuvent provoquer un mutisme sélectif. Ce peut être par exemple un événement marquant dans la vie de l'enfant, comme l'immigration. Chez certains enfants, il semble aussi y avoir un  facteur génétique impliqué.

De plus, il est intéressant de noter que plusieurs enfants qui souffrent de mutisme ont aussi un trouble d'anxiété sociale.

Comment réagir face à un enfant mutique ?

Puisque chaque cas est unique, on ne peut intervenir de la même façon auprès de chaque enfant.

Toutefois, il est important d'intervenir dès que l'enfant présente des signes de mutisme. En voici quelques-uns à surveiller en petite enfance :

  • l'enfant n'initie presque jamais les échanges dans certains environnements;
  • il ne répond pas même s'il en est capable;
  • il ne parle plus aux gens qu'il voit moins souvent, comme sa grand-maman;
  • il évite les contacts visuels;
  • il est moins expressif;
  • il est lent à répondre.

Si l'enfant présente ces signes, on veut l'encourager à parler, mais aussi le féliciter pour les autres belles choses qu'il accomplit et dont il peut être fier (ex. le fait d'avoir pris un risque). On doit aussi éviter l'évitement. Dans quel sens ? Il faut encourager l'enfant à produire des mots, et à ne pas éviter les situations où c'est nécessaire de le faire (ex. commander un cornet de crème glacée, demander un livre à la bibliothèque). Par contre, il faut vraiment être équilibré, donc ni forcer l'enfant à parler, ni trop lui permettre de l'éviter. Un parent ne devrait pas, par exemple, répondre à la place de l'enfant, ni se moquer de l'enfant s'il ne parle pas (même en blague), ni penser que l'enfant cherche seulement de l'attention.

Pour aider un enfant mutique, on peut s'asseoir avec lui (selon l'âge de l'enfant) et créer un « escalier d'exposition », c'est-à-dire un schéma qui représente les différentes choses que l'enfant a de la difficulté à faire et ce, en ordre croissant de difficulté (ex. au bas de l'escalier, dire bonjour à grand-maman ou lever la tête pour lui faire un contact visuel, et au haut de l'escalier, poser une question au professeur). Éventuellement, l'enfant se rendra au haut de l'escalier, mais il peut mettre le nombre de marches qu'il veut avant cette étape, choisir ses différents objectifs, et prendre le temps qu'il lui faut pour les atteindre.

Est-ce que l'enfant mutique est conscient de ses difficultés et sait pourquoi il ne parle pas ?

Non, pas toujours. L'enfant peut ne pas vouloir parler, mais sans savoir pourquoi. Certains enfants, par contre, le savent, et sont en mesure de l'expliquer. Il peut donc être pertinent de poser la question. Rappelez-vous cependant que pour un jeune enfant, faire le lien entre ses pensées, ses comportements et ses émotions, c'est une lourde tâche. On veut donc s'adapter à l'âge de l'enfant lorsqu'on lui pose des questions qui visent à comprendre ses agissements.

Quand consulter un professionnel ?

Si les parents et les éducatrices ou enseignant(e)s de l'enfant ont collaboré ensemble et essayé plusieurs choses (ex. laisser le temps passer, souligner les efforts, donner des petits défis…), mais sans succès (ou si l'enfant semble empirer), il serait bien de rencontrer votre médecin de famille pour obtenir une référence vers un professionnel, de contacter le CLSC de votre région ou bien de consulter en bureau privé. Il serait aussi bien de consulter si la qualité de vie de l'enfant et/ou de sa famille est atteinte par les difficultés de l'enfant (ex. l'enfant fait des crises pour ne pas aller à la garderie ou à l'école). Le but est d'intervenir le plus rapidement possible afin qu'autre chose ne vienne pas s'installer chez l'enfant en plus du mutisme.

Les gens dans l'entourage de l'enfant devront comprendre que pour l'aider, il faut de la patience, du temps et de la bienveillance. Dès les premiers signes de mutisme, ne paniquez pas, mais n'hésitez pas à consulter !

Le site web de la clinique De fil en famille.

Pour suivre Lorianne sur Instagram : @lorianne_orthophoniste

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