Épisode 36

Une journée dans la vie de Thomas et de sa maman

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Dans cet épisode de podcast, Lorianne nous emmène dans la vie de Thomas (un enfant de 3 ans qui présente des difficultés langagières) et de Valérie (sa maman). Bien que fictive, la vie de Thomas et celle de sa maman ressemblent beaucoup à celles des gens que Lorianne a l'habitude de rencontrer dans son bureau ou dans le cadre de son programme d'accompagnement parental. Les scénarios réalistes mentionnés dans l'épisode vous permettront donc de vous plonger dans l'univers d'un petit garçon qui a de la difficulté à comprendre et à se faire comprendre, et dans celui de sa maman qui s'inquiète pour lui.

La journée de Thomas :

Thomas se lève ce matin avant tout le monde. Il a envie d’écouter la télévision pour terminer l’épisode de son émission favorite, « Les gardiens du ciel ». La veille, son papa a arrêté l’émission avant la fin et il n’a pas compris pourquoi. Il était très en colère et a alors lancé sa doudou au sol. Résultat : en plus de ne pas pouvoir terminer son émission, son papa était fâché contre lui.

Pour déjeuner, Thomas veut manger une rôtie avec de la gelée de pommes, mais sa maman lui propose deux sortes de céréales. Il tente de lui faire comprendre ce qu’il veut, mais c’est compliqué. Il décide de descendre de son banc, d’ouvrir le frigo et de pointer le pot. Ouf, elle a compris ! Maman comprend toujours !

Arrivé à la garderie, Maude n’est pas là. Il y a une autre dame dans le local et Thomas ne comprend pas où est Maude. Il ne sait pas pourquoi elle n’est pas là ce matin. L’autre dame, Alice ou Aline, a l’air gentille. Elle ne coupe pas les pommes en morceaux comme Maude, mais ce n’est pas si grave. Thomas espère que Maude reviendra vite, car il l’aime beaucoup.

Dans la cour, Thomas veut jouer avec le tricycle, mais son ami Alexis l’utilise déjà.  Il aimerait bien qu’Alexis vienne ensuite lui porter le vélo, mais Alexis ne comprend pas. Alexis joue très longtemps avec le tricycle, sans venir lui porter. Alors Thomas se fâche, et tente de lui faire comprendre que c’est son tour en attrapant le guidon. Aline (ou Alice) n’est pas contente. Il lui explique qu’il veut aussi jouer et qu’il n’aura pas le temps, mais elle ne comprend pas non plus.

Thomas est vraiment triste et en colère. Il n’a pas eu le temps de faire du tricycle et il a fait pleurer son ami. Il ne voulait pas lui faire de la peine.
Enfin, maman vient le chercher. Au moins elle, elle le comprend mieux. Il lui fait un gros câlin et lui raconte sa dispute avec Alexis. Elle lui fait un grand sourire, lui donne un gros bisou et ils retournent à la maison.

La journée de Valérie :

Valérie se fait réveiller très tôt ce matin par son fils, qui l'emmène vers le salon. Thomas veut écouter la télévision. Valérie en déduit qu’il veut écouter son émission favorite, « Les gardiens du ciel ». Il écoute toujours la même émission. Elle espère avoir bien déduit, car elle n’a pas envie de gérer une crise si tôt le matin. Elle remet l’épisode de la veille en croisant les doigts. Fiou, Thomas semble content. Elle peut donc aller se préparer calmement.

C’est l’heure du déjeuner. Même s’ils se sont levés tôt, ils sont encore à la course ce matin. En plus, Valérie a une rencontre avec des collègues à 8h30. Valérie propose à Thomas de manger des céréales. Il est un peu tard et elle tente de limiter le temps requis pour manger. Elle doit aussi préparer le lunch de sa grande et le sien. Thomas refuse les céréales. Il dit « non, pas ça », alors elle lui propose une autre sorte. Il refuse encore. Elle ne comprend pas. Il adore manger des céréales, surtout les céréales de couleur. Son fils se lève et se dirige vers le frigo. Il lui pointe le pot de gelée de pommes. Bon… ce ne sera pas aussi rapide, mais au moins, il va manger.

Ils partent finalement à la course, 5 minutes en retard !

Quand ils arrivent à la garderie, Valérie constate que Maude, l’éducatrice de Thomas, est absente. Elle aurait souhaité être avisée, car elle aurait pu préparer son fils. Il a toujours beaucoup de mal avec les changements. Ouf, elle sent que le départ sera difficile. En effet, Thomas lui fait un gros câlin, mais refuse de la laisser aller. Valérie le comprend. Il va passer la journée avec une personne qui ne le connaît pas et qui ne le comprendra sûrement pas. Elle est presque la seule à pouvoir comprendre ce qu’il dit, et encore ! Elle n’y arrive pas toujours. Elle espère vraiment que bientôt, il pourra mieux prononcer et faire des phrases complètes. Elle n’est pas toujours là pour traduire ses propos.

Valérie part donc au travail, le cœur gros.

En début d’après-midi, elle reçoit le message quotidien de la garderie. Ah non ! Thomas a poussé un ami. Thomas est gentil, pourtant. Il semble qu’il a fait une grosse crise pour avoir un vélo et qu'il a ensuite refusé de manger. Il s’est endormi en pleurant avec sa doudou.
Valérie quitte son travail pour récupérer les enfants. Thomas lui raconte l’histoire de la dispute pour un vélo. Heureusement qu’elle a reçu un message à ce sujet, parce qu’elle n’aurait rien compris à son histoire. Elle a beaucoup de mal à comprendre ce qu’il raconte quand elle n’était pas présente avec lui. Valérie sait que son fils n’aurait pas dû pousser l’autre ami. Elle sait aussi que l’éducatrice a déjà géré la situation et qu’il a dû réfléchir en retrait. Elle décide donc de seulement lui faire un gros câlin et ils rentrent à la maison.

La leçon ?

Voilà comment pourrait se dérouler la journée d’un enfant de trois ans qui ne parvient pas à bien comprendre et à se faire comprendre, ainsi que la journée de sa maman, qui tente de le comprendre et qui s’inquiète pour lui.

Des petits Thomas,  Lorianne en voit très souvent. À trois ans, les enfants ont besoin de pouvoir communiquer de manière fonctionnelle. Ils ont des désirs, des besoins, des intérêts. Ils ont envie de pouvoir prendre des décisions, de faire des commentaires, de poser des questions et même de raconter des événements.

Quand on est parent d’un petit Thomas, le quotidien n’est pas toujours simple. On doit souvent gérer des crises et des colères parce qu’on ne comprend pas. On se sent coupable et impuissant. On s’inquiète pour notre enfant.

Plusieurs pensent encore qu’il faut attendre que l'enfant ait trois ans pour consulter en orthophonie. Si on attend que les enfants aient trois ans pour les aider, ce n’est pas TROP tard, mais c’est tard. On peut faire beaucoup de choses avant. Oui, ils auront possiblement encore des défis même après des interventions en orthophonie, mais ils seront plus fonctionnels et vivront beaucoup moins de journées difficiles comme celles du petit Thomas.
Lemessage de Lorianne aujoud’hui est que si vous avez des inquiétudes et si votre enfant présente des défis langagiers, n’attendez pas. Si vous êtes éducatrice, mentionnez vos inquiétudes aux parents.

C'est vrai, ce n’est pas toujours facile de trouver des ressources. Mais l'enfant, il vit des difficultés ici, maintenant. On ne veut pas attendre. On veut agir maintenant !

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